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Conflit au Sahara occidental : "la clé de la solution est en Europe"

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Nanterre (Ile-de-France), 08 avr 2017 (SPS) Le coordonnateur sahraoui  auprès de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum  au Sahara occidental (MINURSO), M'hamed Kheddad, a affirmé jeudi à Nanterre  que "la clé de la solution du conflit au Sahara occidental est en Europe."
"La clé de la solution est en Europe parce que l’Union européenne a  toujours considéré que le Sahara occidental fait partie du Maroc", a-t-il  expliqué lors d'une conférence organisée à la Faculté de droit de  l’Université de Nanterre et ayant pour thème : "La question du Sahara  occidental devant le juge de l’Union européenne."
Après avoir dressé un historique du conflit opposant le Front Polisario au  royaume du Maroc qui a illégalement occupé, il y a plus de 40 ans, le  territoire sahraoui, M’hamed Kheddad a indiqué, devant un parterre  d’étudiants et d’universitaires, que "le rôle de la France, en sa qualité  de membre du Conseil de sécurité de l’Onu, ne milite pas dans l’émergence  d’une solution politique à ce conflit, alors que le droit international  plaide en faveur du peuple du Sahara occidental."
"La France est le soutien politique, diplomatique et militaire du Maroc  qui a décidé de passer outre toutes les décisions de la justice  internationale, qui ne reconnaissent pas la souveraineté marocaine sur le  territoire du Sahara occidental, et les résolutions du Conseil de sécurité  affirmant et réaffirmant le droit du peuple sahraoui à  l’autodétermination", a-t-il soutenu, rappelant que le Sahara occidental  fait partie des 17 territoires non-autonomes suivis par le Comité de  décolonisation des 24 et de la Quatrième commission des Nations unies, donc  éligible à l’autodétermination.
Pour le membre du secrétariat national du Front Polisario, représentant  légitime du peuple sahraoui, "l’Union européenne doit faire partie de la  solution et non pas du problème et changer de comportement, mettant en  valeur la ligne politique des Sahraouis qui consiste en l’application du droit international."
Pour sa part, l’avocat au Barreau de Lyon, Gilles Devers, a retracé à  l’assistance les péripéties de la démarche juridique de son cabinet pour  aboutir au dernier arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne  (CJUE), du décembre 2016, sur l’accord UE/Maroc qui a statué clairement que le Sahara occidental est un territoire distinct et séparé du Maroc et que  tout accord commercial entre l’UE et le Maroc doit se faire en consultant  le peuple sahraoui par le biais de son représentant unique et légitime  qu’est le Front Polisario.
"Il fallait pour nous une bonne connaissance des faits et une force de  l’argument", a-t-il dit, soulignant qu’en sa qualité d’avocat, "il ne  défend pas les Sahraouis mais les droits sahraouis, sinon il aurait versé  dans le militantisme."
Le peuple sahraoui construit son avenir avec le  droit
Gilles Devers s’est basé à cet effet sur la ligne politique tracée par le défunt président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, qui disait :  "Le peuple  sahraoui construit son avenir avec le droit". Il fait observer à son  auditoire que "la cause sahraouie a tenu tout ce temps parce qu’il y a la  souveraineté du peuple sahraoui."
Manuel Devers, consultant juridique et fils de l’avocat, a d’abord attiré  l’attention sur des archives, conservées au ministère français des Affaires  étrangères, que le Maroc avait reconnu, dès 1900, les frontières du Sahara  occidental.
Au cours d’une intervention très pédagogique et instructive, il a montré,  documents à l’appui, que l’Union européenne considère le Sahara occidental  faisant partie intégrante du Maroc, alors qu’officiellement aucun pays ne  reconnait la souveraineté marocaine sur ce territoire.
Il a expliqué que "70 % des fonds publics de l’UE ont été investis dans le  territoire du Sahara occidental."  "Il s’agit-là d’un financement de la  politique d’annexion et de colonisation du Maroc", a-t-il fait remarquer,  indiquant, sur "la base de cartes, qu’à Dakhla (ville sahraoui occupée) il y a des groupes français implantées dans des exploitations agricoles et le  roi du Maroc en tant qu’homme d’affaires."
Concernant l’arrêt de la CJUE, les intervenants ont été unanimes à  souligner que "c’est une victoire du Front Polisario reconnu comme  représentant du peuple sahraoui qui marque la fin du paternalisme juridique  marocain."
Au sujet de la plainte déposée par le Front Polisario au sujet de l’accord  de pêche UE/Maroc, Gilles Devers a estimé que "la CJUE ne va se pas déjuger  et va sans doute l’annuler, ce qui donnera, a-t-il dit, le moyen au Front  Polisario de recouvrir l’argent (tarifs douaniers) sur 16 ans  d’exploitation des richesses du peuple sahraoui." (SPS)
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