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L'ONU aurait dû saisir le conseiller juridique sur l'ouverture de consulats au Sahara occidental

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Alger, 21 déc 2020 (SPS) Le Commissaire à la paix et à la sécurité de l'Union africaine (UA), Smaïl Chergui, a estimé que le Secrétaire général (SG) des Nations unies, Antonio Gutéress, aurait dû saisir le conseiller juridique pour rendre un avis  concernant l’ouverture de représentations diplomatiques dans un territoire non autonome, affirmant que "le peuple sahraoui est le seule à décider du devenir du Sahara occidental".
Dans un entretien au quotidien arabophone "El Khabar", paru lundi, M. Chergui a rappelé, concernant l’ouverture par certains pays, dont africains, de consulats dans la ville occupée d’El-Ayoune, la position de l’UA qui a appelé les deux parties au conflit, à "s’abstenir de tout acte susceptible d’aggraver la situation dans le territoire du Sahara occidental".
Et d’ajouter : "j’estime que le SG de l’ONU aurait dû saisir le conseiller juridique en vue d’émettre un avis juridique concernant l’ouverture de consulats et de représentations diplomatiques dans un territoire non autonome", comme ce fut la cas en 2002.
S'agissant de la récente annonce du Président américain sortant, Donald Trump, reconnaissant la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, M. Chergui a indiqué que la réaction du  SG de l’ONU a été "claire et sans équivoque" en affirmant que le statut du Sahara occidental reste inchangé et ne peut changer en fonction de décisions unilatérales .
Ainsi, ajoute M. Chergui, "Il n'y a qu’un seul peuple qui peut décider du sort du Sahara Occidental, dans le cadre du droit international concernant les territoires non indépendants stipulé dans la résolution 1514 du 14 décembre 1960, et c'est le peuple sahraoui."
En réponse à une question sur les efforts et les chances du Conseil africain pour la paix et la sécurité pour résoudre ce conflit, M. Chergui a souligné que le dernier sommet de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement avait a exhorté les deux Etats membres de l'Union africaine (Maroc et RASD) à trouver une solution politique.
Le sommet, a-t-il ajouté a chargé le Conseil de se réunir immédiatement pour examiner la situation et écouter les deux parties en vue d'un nouvel accord de cessez-le-feu, et asseoir ainsi les conditions appropriées à la reprise des négociations pour une solution politique, juste et définitive, à même de permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit légitime à l'autodétermination à travers un référendum, conformément au droit international qui garantit ce droit aux territoires non autonomes.
Le sommet a préconisé, en outre, l'activation du mécanisme de la troïka, qui ne s'est pas réuni depuis sa création en 2018 malgré l'existence de cinq opportunités au moins pour sa tenue, sans parler de la non réouverture du bureau de l’Union dans la ville sahraouie Laayoune.
Réagissant à ceux qui affirment que la question du Sahara Occidental entrave la concrétisation de l'Union maghrébine, M. Chergui a estimé que si les pays du Maghreb ont toujours la conviction qu'elle (UMA) est un choix stratégique, il faudra éviter les amalgames et avoir la volonté politique de relancer cet édifice maghrébin, qui est l'un des ensembles économiques régionaux avec lequel il faut compter pour l'intégration économique de l'Afrique mais aussi pour sa sécurité.
A une question sur la création d'une base militaire dans les territoires sahraouis occupés rapportée par divers médias, M. Chergui a expliqué que de telles informations nécessitent la confirmation d'abord, expliquant, néanmoins, que ce n'est pas là une priorité pour les Etats-Unis, car l'attention du Pentagone est plutôt focalisée sur la progression de la Chine et la Russie. L'AFRICOM pourrait même être intégré à un Commandement européen, a-t-il estimé.
"Indépendamment du droit international qui interdit la création de telles bases dans un territoire non autonome, la défense et la sécurité de chaque pays d'Afrique sont directement liées à celles d'autres pays, tel qu'édicté dans le Pacte de non transgression et de défense commune de l'Union africaine (UA).
Par conséquent, ajoute M. Chergui, la présence militaire étrangère et les bases militaires "attisent la concurrence entre puissances étrangères dans le continent et sapent la souveraineté et les efforts de paix.
A ce titre, il convient de soutenir tout effort extérieur en faveur de la paix et de la sécurité en Afrique pour la réalisation des objectifs et des priorités de l'UA, et doit être présenté dans le cadre des instruments pertinents de l'UA, conclut M. Chergui. (SPS)
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