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Le dossier du Sahara gagne en visibilité en France, malgré le black-out médiatique

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Paris, 25 éc é017 (SPS) L'année 2017 a été particulière en France pour le dossier du Sahara occidental dans le sens où il a gagné en visibilité malgré une position française favorable au Maroc et le black-out des médias hexagonaux sur la lutte légitime du peuple sahraoui.
La colonisation du territoire sahraoui par le Maroc, les violations des droits de l'homme dans ce territoire occupé depuis plus de 40 ans et le procès des militants sahraouis ont occupé la scène française par l'organisation, en octobre à Vitry-sur-Seine (sud de Paris), de la 42e session de la Conférence européenne de coordination du soutien au peuple sahraoui (EUCOCO) et d'une rencontre parlementaire, à une journée d'intervalle, à l'Assemblée française.
Ces deux événements phares se sont tenus en France, soutien déterminant du royaume du Maroc qui occupe illégalement le Sahara occidental, un territoire déclaré pourtant par l'ONU "non autonome", donc éligible à l'autodétermination.
La 42e session de l’EUCOCO a jeté les jalons d’une nouvelle stratégie "plus offensive" et  plus porteuse  pour l’élargissement de la solidarité avec le peuple sahraoui, notamment en Europe.
Cette Task Force devra fédérer, à l'avenir, toutes les actions  porteuses en direction des pays, des institutions, des parlementaires et des associations, qui accordent peu d’intérêt à la question du Sahara occidental.
Les participants, militants de la cause sahraouie, universitaires, élus, anciens responsables et hommes de droits, ont pointé du doigt le blocage entretenu par le Conseil de sécurité des Nations unies, en raison de l’arme du veto exercé par la France lorsqu’il s’agit de résolutions qui sont en défaveur du Maroc.
La France critiquée pour sa politique de deux poids deux mesures
A l'Assemblée française, la décolonisation du Sahara occidental, avec en toile de fond le rôle de l’Europe dans le règlement du conflit, a été également examinée le 20 octobre lors d’une rencontre parlementaire, la deuxième après celle organisée en avril 2016.
A l’initiative du député Jean-Paul Lecoq, fervent défenseur de la cause sahraouie, cette rencontre a regroupé de nombreux députés européens, venus d’Espagne, d’Italie et de Suède, des parlementaires algériens, des représentants du mouvement associatif et des responsables sahraouis.
Jean-Paul Lecoq a annoncé qu’il avait proposé à la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée d’inscrire la question du Sahara occidental dans ses travaux avec une programmation d’une audition de Horst Koehler, Envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental.
Déplorant l’attitude des médias français qui "ne viennent pas" lorsqu’il s’agit du conflit du Sahara occidental, il a avoué qu’il mène  un combat de tous les jours  en France, un pays qui "contribue au blocage avec son soutien au Maroc", a-t-il dit.
Mais, a-t-il ajouté, la France n’est pas seulement les gouvernants, il y a également des parlementaires et des associations qui constituent des espaces de lutte pour faire avancer les choses dans le sens de l’application du droit international au Sahara occidental, critiquant la politique française de "deux poids deux mesures" dans le traitement de cette question.
A la différence de la position officielle, le mouvement associatif, en France, n'a ménagé en 2017 aucun effort pour porter haut et fort, par le biais de meetings, rassemblements et conférences de presse, la question de violation des droits de l'homme dont est victime le peuple sahraoui, notamment le procès à Rabat des prisonniers politiques sahraouis condamnés à de lourdes peines.
C'est à ce titre que l'Université Paris-Sorbonne a organisé en octobre, pour la deuxième année consécutive, un colloque sur la problématique du rôle des puissances occidentales dans le règlement du conflit du Sahara occidental et de la protection des droits de l’homme au Sahara occidental.
Au Conseil de l'Europe à Strasbourg, un séminaire été organisé au début de l'année sur le thème  Prisonniers sahraouis au Maroc : rôle et résolutions de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), appelant cette institution à la  vigilance  face aux violations par les autorités marocaines des droits humains à l’encontre des Sahraouis.
Il s’agit donc pour le Maroc, qui signe volontier toutes les conventions internationales (contre la torture, contre la détention arbitraire, etc.), mais ne les applique guère ou pas, de donner une vraie valeur à son partenariat pour la démocratie avec l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, a-t-on souligné.
Dans ce cadre, un collectif international d’avocats a interpellé, en novembre dernier, le Premier ministre français, Edouard Philippe, sur les conditions de détention "alarmantes" des prisonniers sahraouis, à la veille de son déplacement au Maroc.
Les avocats français, belges, espagnols, italien et allemands, ont indiqué que l’état de santé de plusieurs des prisonniers politiques sahraouis détenus aux Maroc est très préoccupant, parce qu’ils ne reçoivent plus, selon eux, les traitements médicaux adaptés à leurs pathologies.
Ils lui ont demandé d’évoquer, au cours de sa visite, la situation des droits de l’homme au Maroc et son rapport étroit avec toute coopération diplomatique et économique. Il est aussi question de rappeler à Rabat l’"impérieuse nécessité d’accorder aux prisonniers politiques sahraouis, un traitement digne et respectueux des droits de l’homme, de les préserver de toute forme de torture et de traitements inhumains, et leur assurer un accès effectif aux traitements médicaux indispensables à leur survie". (SPS)
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