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Renégociation des accords UE-Maroc: le Front Polisario exprime à la Commission européenne sa "profonde préoccupation"

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Bruxelles, 9 fév 2018 (SPS) Le Front Polisario a exprimé à la Commission européenne sa "profonde préoccupation" au sujet des négociations entre l'UE et le Maroc visant à inclure les produits issus du Sahara occidental occupé dans leurs accords commerciaux sans le consentement du peuple sahraoui, a affirmé vendredi le ministre délégué pour l'Europe, Mohamed Sidati.
"Au cours de la réunion, nous avons exprimé notre profonde préoccupation au sujet des négociations en cours pour inclure le Sahara occidental dans l'accord commercial UE-Maroc", a-t-il déclaré à l'APS, confirmant des informations faisant état d'une invitation adressée par l'UE au représentant légitime du peuple sahraoui, le Front Polisario, pour participer aux consultations menées par l'exécutif européen dans le cadre des négociations pour la modification de l'accord de libéralisation agricole UE-Maroc.
Mohamed Sidati qui a dit avoir accueilli "favorablement" l'invitation de l'exécutif européen, a exprimé son souhait que cette invitation constitue "le premier pas d'une approche plus constructive de la part de la Commission" sur le conflit au Sahara occidental.
Citant un haut responsable européen, le site britannique Africa Confidential a affirmé vendredi que l'UE a reconnu au Front Polisario le droit de participer à la renégociation de cet accord suite à l'arrêt de la Cour européenne de justice de 2016.
Le 21 décembre 2016, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu un jugement établissant clairement que les accords d’association et de libéralisation UE-Maroc ne s’appliquaient pas au territoire du Sahara occidental.
Dans son arrêt, la CJUE soulignait que  si l’accord devait s’y appliquer, il faudrait un consentement préalable du peuple sahraoui, c’est-à-dire du Front Polisario, reconnu par l’ONU comme le représentant du peuple du Sahara occidental depuis 1979.
Quelques mois plus tard, le Conseil de l'UE accorde à la Commission un mandat pour renégocier l’accord de commerce avec le Maroc pour se conformer à l’arrêt de la CJUE.
Selon le ministre sahraoui, les discussions avec les représentants de la Commission européenne ont porté sur "un large éventail de questions" et sur "les tentatives en cours pour inclure le Sahara occidental dans les accords commerciaux UE-Maroc sans le consentement du peuple sahraoui à travers son représentant légitime, le Front Polisario".
Il a affirmé, à ce propos, avoir exprimé aux représentants de la Commission européenne ses regrets face à "l'absence d'un processus transparent, légal et crédible pour obtenir le consentement du Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui".
Mohamed Sidati a rappelé, à ce titre, que tout accord économique entre l'UE et le Maroc qui n'exclut pas explicitement le Sahara occidental du champ d'application de l'accord "continuera à renforcer l'occupation illégale des territoires sahraouis par le Maroc", réaffirmant sa "confiance dans le droit de l'UE" et sa "disposition à retourner devant la Cour européenne de justice sur de telles questions".
Les discussions avec les responsables européens, a-t-il poursuivi, ont porté également sur la "nécessité pour l'UE de jouer un rôle plus proactif en soutenant les efforts visant à relancer le processus de paix au Sahara occidental sous l'égide de l'ONU".
Réitérant l'engagement "sans équivoque" du Front Polisario en faveur du processus de paix de l'ONU et son soutien "continu et constructif" aux efforts de l'envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies, Horst Kohler, le ministre sahraoui a appelé l'UE à "veiller à ce qu'aucun obstacle ne soit dressé aux efforts de M. Kohler".
"Le Front Polisario reste ouvert et prêt pour un engagement constructif dans le domaine du  commerce et la coopération avec l'UE dans le cadre du droit international et européen", a-t-il ajouté, soulignant qu' "un avenir durable, stable et prospère pour le Maghreb n'est possible que par le respect mutuel du droit international, de la justice, du principe de l'autodétermination et des droits fondamentaux des peuples". (SPS)
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